Entretien ZE #Hugo Favre

Entretien ZE #Hugo Favre

As-tu des projets littéraires en cours ?

Mon deuxième roman, Secteur S-G, une fable noire, initiatique et biblique à la sauce dystopie, est terminé depuis bientôt un an et n’attend plus qu’à être édité. Cela devrait arriver courant 2026.

En parallèle je travaille sur mon troisième roman, cela fait près de cinq ans qu’il mature dans un coin de ma tête. Je peux déjà vous en fournir le titre : Ô Mort, où est ta victoire ? Il s’agit d’un roman de fantasy, genre décrié avec raison dans les milieux littéraires un peu sérieux. De mon côté, je pense que c’est un genre noble, mais dévoyé, car la majorité ne comprend pas ce qui en fait sa grandeur. Ainsi, j’essaye de renouer avec ce qui fait l’âme du genre fantasy : l’épopée métaphysique.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je vais vous donner trois auteurs, trois maîtres français, qui vous donneront une idée résumée de mon univers mental littéraire :

– Alexandre Dumas : pour le classicisme, le panache et l’art du récit.

– Louis Calaferte : pour la modernité, la plume sublime et fracassante.

– Bernanos : pour le fond et la beauté, âme de toute œuvre.

Le réel, la foi et l’Histoire complètent tout cela.

Qu’est-ce qui nourrit ton écriture ? Les grands thèmes qui te traversent ?

La foi est moteur de mon écriture. J’ai un rituel avant chaque session : méditer et réciter la Litanie du Précieux Sang. Ainsi, j’essaye de capter le génie qui a habité Rembrandt ou Michel-Ange.

En face de ça, il y a le quotidien, fade, morne et vide sens, que certains aiment appeler « post-modernité », et en réponse je propose la transcendance. Et non pas une transcendance New Age, sans colonne, faiblarde, qui n’impose aucune forme d’exigence. Non, je propose quelque chose de radical. À bas la nuance, à bas la tiédeur, à bas la mollesse ; voilà mes mots d’ordre. Je soutiens une révolution qui remet à l’endroit l’ordre des choses : la noblesse, la grandeur et la beauté.

Mes grands thèmes : l’amour sous toutes ses formes, thème central de toute œuvre ; la paternité ; la solitude et la déprime de l’individu face à la société malade ; l’existence du Bien et du Mal ; la nécessité d’agir, et parfois avec violence ; la transcendance comme réponse ; la foi.

Pourquoi écris-tu ?

Parce que je ne suis bon qu’à ça. De plus, depuis toujours je déborde d’idées et ça me permet de les diriger vers quelque chose d’utile, quelque chose qui me dépasse. « Ton livre fait entrer les Favre dans l’Histoire, ça rend ton nom immortel », m’a un jour dit un ami un peu perché ; quoi de plus beau ?

Je suis un forçat de la littérature, je tends au chef-d’œuvre, c’est mon Golgotha à gravir. Et peut-être que je n’y arriverai jamais ; mais je lutterai pour cela, jusqu’à la fin de mon existence.

L’écriture est une croisade contre la Laideur. Quand nous voyons les merdes qui inondent les rayons Fnac et les feed Tik-Tok, il faut bien que quelqu’un essaye, même vainement, de tenir bon. Je dois bien ça à la France et à sa magnifique langue ; un baroud d’honneur.

Celui qui me lit et qui voit en moi un hurluberlu, ou pire, un poseur, qu’il pardonne ma fougue, c’est la jeunesse qui parle ; un âge de conquête et d’illusion.

Les derniers auteurs que tu as découverts ?

Céline. Du haut de mes 24 ans, je ne l’avais jamais lu, je rattrape mon retard. J’ai de nombreux classiques à lire, et j’essaye d’alterner avec certains de mes contemporains ; un des derniers que j’ai découvert est Sylvain Tesson grâce à la polémique du Printemps des Poètes.

J’essaye de lire des auteurs non-francophones aussi, j’ai encore beaucoup d’Américains et de Russes à défricher.