Entretien ZE #Damien Cotta
Ce mois-ci, nous avons publié deux articles de Damien Cotta consacrés à l’antipoésie, à la post-poésie et à la non-poésie. Nous poursuivons avec lui à travers un bref entretien.
Retrouvez les articles de Damien Cotta ici.
As-tu des projets littéraires en cours ?
Je suis depuis quelques mois sur un projet de recueil minimaliste. Il prendrait la forme de punchlines poétiques (un diptyque de deux vers par page, tout au plus), je conserverai le titre secret, ça peut évoluer.
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Mes inspirations vont de Rousseau à Gabrielle Wittkop car j’ai beaucoup travaillé sur la continuité XIXème-XXème siècles ; Monique Wittig et bien sûr Duras, essentiellement. J’aime ce qui mélange prose et poésie. Côté poètes, le champ d’investigation est si vaste que je ne cite qu’un seul nom : Pavese.
Mon thème de prédilection c’est peut-être la passion qui cherche à manipuler le moins possible. C’est pour ça que j’insiste sur la sincérité. Sans être dupe de ses limites. Et la non-reciprocité qui condamne à la solitude. Le regret de ne pas avoir assez vécu (i.e. ne pas avoir vécu plutôt qu’avoir fait, ce qui serait du remord).
Qu’est-ce qui nourrit ton écriture ? Les grands thèmes qui te traversent ?
Mon écriture est guidée par un pôle rectificatif – justificatif. Rectification. Justification. La personne que je suis est atteinte du syndrome de l’escalier (note : se souvenir de ce qu’on aurait voulu dire dans l’escalier de l’immeuble après que la porte se soit refermée). J’ai tendance à beaucoup écrire avec l’impression que nous sommes trop peu de choses pour nous exprimer correctement du premier coup. Nous gesticulons beaucoup et pas grand chose ne passe. Le verbe sert peut-être à corriger certaines erreurs (encore que ce soit douteux).
Pourquoi tu écris ?
J’écris : 1° car je suis un bon à rien. Un vagabond des mots.
2° parce que je regrette de ne plus être assez nostalgique.
3° les livres font partie de ma vie.
Les derniers auteurs que tu as découverts ?
Dernièrement, j’ai lu Cadiot – Retour définitif et durable de l’être aimé, qui n’est pas vraiment une romance premier degré, ça semble s’imposer dans le nouveau paysage littéraire français. Et Stig Dagerman – ouais, là, c’est quelque chose !
