Missiles et fistules #6, par Heptanes Fraxion
A)
Salut Heptanes,
C’est toujours touchant de recevoir un album qui prétend encore que « le rock urbain » serait subversif en 2025. On a écouté à plusieurs, avec une vraie curiosité (et quelques bières). Résultat : un hiatus, en effet. Indéfini, comme ton propos.
Tu scandes bien le désastre, d’accord. Mais on a déjà nos quotas de mecs qui déclinent leur mélancolie en noir et blanc. Tes chansons nous ont laissé l’impression d’un entre-deux : pas vraiment punk, pas vraiment intime, pas vraiment dangereux, pas vraiment drôle non plus. Un monde de demi-teintes qui ne déclenchent pas grand-chose.
Ce qui manque ? Pas juste des « mots justes », mais une vraie prise de risque. Et chez nous c’est ce qu’on attend : pas une esthétique du repli, mais une éthique du lien, du fracas, du souffle commun.
Bref : on n’en fera rien ici. Pas parce que t’es un mec blanc à tendance hétéro-morosité – ça, c’est pas une exclusion automatique (on en connaît des bien). Mais parce qu’on sent que tu observes plus que tu ne traverses. Or, ici, on traverse .
B) Yo les punks à paillettes,
Vous êtes magnifiques.
Merci pour votre tir groupé sur mon Hiatus indéfini,un véritable « reverse bukkake ». J’ai reçu votre salve de critiques rigolotes et bien troussées comme on prend la sauce un jour de crève : ça pique, mais ça rince.
Il est vrai que mon spleen n’a pas d’écarteurs d’oreilles et que ma poésie n’a pas le label « éco-queer » tatoué sur la tronche. Je vais donc continuer à manger mon kebab en écoutant tranquillement mes larsens dans mon casque pourri.
Des bisous
Heptanes Fraxion
