Entretien ZE #Léonel Houssam
Nouveau rendez-vous récurrent sur le blog: des entretiens avec les auteurs de la revue Zéro Absolu pour explorer leur univers.
As-tu des projets littéraires en cours ?
J’ai toujours des projets en cours. Tellement que je ne peux même plus les compter. Sans doute une dizaine. C’est pourquoi je suis si lent, et sans doute de plus en plus, pour sortir un bouquin. Mais les plus imminents (fin 2026, et 2027 si tout va bien) sont une biographie co-écrite avec le leader d’un groupe que je qualifierais de culte pour les connaisseurs. Je n’en dirai pas plus mais si ça se finaliste, ce sera une belle surprise pour beaucoup de monde. J’ai en tête plusieurs projets d’autres livres mais l’un d’entre eux mélange IA, politique, onirisme. C’est un livre hybride qu’aucune IA ne pourrait me suggérer. Un voyage dans des époques passées, présentes et futures. Peu à peu je glisse vers des choses plus introspectives, poétiques (sombres) et spirituelles. Un truc de vieux je pense. Je deviens un écrivain assez différent de celui de mes jeunes années.
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Je dirais : absolument tout ! Et rien à la fois ! Je m’en tiens cependant à une règle, je n’intègre jamais des proches dans mes écrits. Il y a bien sûr de mon quotidien, de mes souvenirs, de mes fantasmes et de mes turbulences psychologiques. Mais je le dillue dans tout ce que je pioche : les gens qui passent, des lectures, des documentaires, des débats, la nature, le ciel, les mégapoles et les villages,… Le climat peut parfois abîmer l’inspiration. Je hais les grosses chaleurs et le monde semble courir très vite contre un mur de feu. Je vieillis, avec un peu de chance je passerai entre les gouttes de lave. L’égoïsme, une qualité qui se développe avec l’âge… Je comprends mieux les réacs et parfois je me mets à parler comme un vieux cons en colère. Et là, je tiens un personnage, ce vieux frustré râleur que je suis parfois (quelques minutes !) L’inspiration, ça peut aussi être ça.
Qu’est-ce qui nourrit ton écriture, les grands thèmes qui te traversent ?
J’ai un peu répondu précédemment mais les thèmes qui me traversent sont la géopolitique et les tourments mentaux, les ruses du cerveau, la geôle numérique qui nous colle devant des écrans comme des zombies. La politique française est beaucoup moins dans mon viseur. Encore un truc de vieux : je prends de la hauteur. Et puis j’ai un esprit qui raisonne de façon systématique. Je dois lier toutes choses tout le temps. Je ne peux pas dissocier l’infiniment gros de l’infiniment petit. Je pourrais écrire les problèmes gastriques de Donald et les galères d’érection de Xi. J’y injecterais des IA vicieuses et hermaphrodites, des dominas numériques qui leur fouetteraient les miches en murmurant « vilain garçon ». C’est ma lecture du monde. Regarder derrière le paravent, déglinguer les murs, arracher les volets, déchirer les rideaux et balancer toute cette sauce humaine dans le cerveau mondial.
Pourquoi tu écris ?
Parce que je suis encore vivant.
Les derniers auteurs que tu as découverts ?
Peter Turchin qui a créé avec d’autres une nouvelle disciple : la cliodynamique.
Ursula K. Le Guin, une très vieille autrice de SF dont son roman de 1973 : « Les dépossédés ». Deux planètes jumelles, une capitaliste, une autre anarchiste… Les deux se rencontrent après des siècles sans se communiquer. ou presque…
